Tunisie : Le prix du baril de pétrole fausse les calculs du gouvernement!

9 mai 2018 à la une, Actualités

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La hausse des prix de pétrole à l’échelle mondiale a faussé les calculs du gouvernement tunisien qui malgré les alertes des experts, s’est tenu droit dans ses bottes. Aujourd’hui, cette alerte devient une réalité et personne ne peut en douter. Le prix du baril de brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) s’installe ainsi au-dessus du seuil des 70 dollars, au plus haut depuis novembre, et celui du Brent se rapproche des 76 dollars. Un taux qui devrait bouleverser les calculs et obliger le gouvernement à augmenter les prix des carburants et des autres produits.

Joint par téléphone par Africanmanager, l’économiste et ancien ministre des Finances, Houcine Dimassi a indiqué que la forte hausse du prix de baril de pétrole à l’échelle mondiale entraînera certainement l’augmentation des prix du carburant en Tunisie et que d’autres hausses devraient suivre notamment dans l’industrie et les services. Selon lui, le rebond des cours à l’échelle internationale entraînera un surcoût de près de 500 Millions de dinars sachant que le budget de l’État a été élaboré sur un prix de 54 dollars le baril de pétrole alors que celui du baril  de Brent a franchi depuis un bon nombre de semaines le seuil des 70 dollars.

Dimassi a en outre souligné que le rebond des cours à l’échelle internationale aura des répercussions négatives et rendra, sans doute, la situation économique et financière beaucoup plus difficile que prévu. “Le gouvernement va se trouver dans l’obligation d’augmenter les prix sinon la situation va virer vers le pire pour devenir ingérable notamment au niveau de l’équilibre budgétaire”, a-t-il expliqué.

Houcine Dimassi a, dans un autre contexte, indiqué que la hausse des prix du pétrole obligera le gouvernement à sortir de nouveau sur le marché international pour s’endetter, ce qui est aussi difficile dans ces moments là, selon ses déclarations.

Un constat fortement partagé par l’ancien ministre des Finances Hakim Ben Hammouda. Dans une déclaration à Africanmanager, il a indiqué que 2018 sera une année difficile et charnière à la lumière des évolutions observées dans la région, notamment au niveau des prix du pétrole, faisant savoir à ce propos qu’une hausse de 1 dollar du prix du baril engendra un déficit dans les finances publiques de l’ordre de 300 Millions de dinars, ce qui dénote, selon lui, la fragilité du budget relatif à l’exercice 2018. “Toute hausse dans le prix de pétrole va avoir un prix, surtout qu’aujourd’hui les cours pétroliers ont dépassé les 70 dollars et risquent encore d’augmenter d’ici la fin de l’année avec les tensions au Moyen-Orient et les évolutions en Arabie Saoudite“, a estimé  Ben Hammouda, y voyant autant de facteurs d’incertitude qui peuvent présenter un risque sur le cours du pétrole.

Interrogé par Africanmanager lors d’une récente rencontre, le ministre de l’Energie et des mines a indiqué que «la moyenne du prix du baril, au cours des trois premiers mois de l’année 2018, a été de 67 USD. En avril 2018, il a même atteint les 74 USD, ce qui a eu un impact important sur nous ». Khaled Kaddour a cependant précisé qu’ «il n’y aura pas, pour le moment de nouvelles augmentations» suivant le mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants. Il a pourtant précisé que «la dernière augmentation de 0,05 DT du prix du carburant en Tunisie n’a permis de couvrir que 3 % du coût réel qui est compensé à hauteur de 0,3 DT par litre d’essence, selon la moyenne de prix du baril de pétrole pour le 1er trimestre 2018». Le «pour le moment», utilisé par le ministre pour répondre à notre question, n’est en tout cas pas rassurant !

Le ministre a estimé, à son tour, que  l’augmentation du prix du baril de pétrole à 70 Dollars aura un impact négatif sur le budget de l’Etat. Et il sera difficile de rétablir les équilibres financiers durant l’année prochaine. Selon ses déclarations, une augmentation d’un dollar du prix du baril de pétrole représente un surcoût de 120 millions de dinars (MD) pour le budget de l’Etat et que toute hausse de 10 millimes dans le taux de change du dollar coûte à l’Etat tunisien 30 millions de dinars.

En effet, depuis quelques jours, le prix du baril de Brent ne cesse de grimper pour franchri le seuil des 70 dollars, une première depuis plus de trois ans. Lors des échanges européens à Londres, les cours du baril se maintenaient au-dessus de 70 dollars, après un pic à plus de 71 dollars quelques jours avant, à leur plus haut niveau depuis plus de trois ans, profitant de la dixième baisse hebdomadaire des stocks américains de brut et du bas niveau du dollar.

Source : africanmanagerhttps://africanmanager.com

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